Gueule de bois
18:10Le lendemain , au réveil, j'ai envoyé un message à une copine pour lui dire que j'avais fait une grosse connerie. Le lendemain, au ...
16/04/2013 - 18:10
Le lendemain, au réveil, j'ai envoyé un message à une copine pour lui dire que j'avais fait une grosse connerie.
Le lendemain, au réveil, il a envoyé un message à son meilleur ami pour lui que "ça y est, on sort ensemble".
Je le sais, parce que son meilleur ami, c'est mon AUTRE meilleur ami.
Et avec cet AUTRE meilleur ami, on faisait la queue au cinéma pour aller voir l'avant-avant dernier épisode d'Harry Potter (oui, je vais voir les Harry Potter au cinéma, jetez-moi des pierres), quand l'air de rien, il a lâché, de la façon la moins naturelle du monde: "C'est con qu'il ait pas pu venir avec nous... au fait il se passe quoi entre vous deux?". Sans transition. A vous les studios.
Je me suis empressée d'enfouir ma tête dans le paquet géant de M&M's. "Hein? Quoi? De quoi tu parles? Non, non, il se passe rien."
"Donc, il y a deux semaines, il m'envoie un message pour me dire que vous sortez enfin ensemble et depuis, j'ai pas réussi à vous avoir tous les deux à côté, une seule fois, mais c'est normal?"
Hum, effectivement dit comme ça...
Le lendemain, au réveil, il a envoyé un message à son meilleur ami pour lui que "ça y est, on sort ensemble".
Je le sais, parce que son meilleur ami, c'est mon AUTRE meilleur ami.
Et avec cet AUTRE meilleur ami, on faisait la queue au cinéma pour aller voir l'avant-avant dernier épisode d'Harry Potter (oui, je vais voir les Harry Potter au cinéma, jetez-moi des pierres), quand l'air de rien, il a lâché, de la façon la moins naturelle du monde: "C'est con qu'il ait pas pu venir avec nous... au fait il se passe quoi entre vous deux?". Sans transition. A vous les studios.
Je me suis empressée d'enfouir ma tête dans le paquet géant de M&M's. "Hein? Quoi? De quoi tu parles? Non, non, il se passe rien."
"Donc, il y a deux semaines, il m'envoie un message pour me dire que vous sortez enfin ensemble et depuis, j'ai pas réussi à vous avoir tous les deux à côté, une seule fois, mais c'est normal?"
Hum, effectivement dit comme ça...
Le problème dans tout ça c'est le "enfin". Parce que, apparemment, j'étais la seule à ne pas savoir que ça faisait un moment qu'il voulait que ça arrive. Parce que je me sens presque trahie que ça ne soit pas un simple concours de circonstance. L'alcool. La satisfaction de ma rupture. Un petit dérapage. Tout ça, tout ça. C'est mon meilleur ami et je l'aime, je ne pourrais jamais l'accuser d'avoir profité de la situation. Mais si je suis de mauvaise humeur (et de mauvaise foi), je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer, tapis dans l'ombre, à guetter le meilleur moment pour me sauter dessus. Affreux personnage. Pourquoi il ne m'a pas juste demandé de sortir boire un verre, pourquoi il n'a jamais rien tenté pendant tous ces mois, toutes ces années. Pourquoi on en a pas discuté. Entre amis, entre adultes. Puis je commençais à avoir cette foutue chanson de Celine Dion dans la tête...
J'ai donc rétorqué, un très lâche et très abstrait: "C'est compliqué".
Qu'est-ce qui est compliqué?
Au réveil, il s'est approché pour m'embrasser.
Et moi, en fait, j'étais plus "ah tient, il y a une bestiole sur ton plafond, non? Ah non en fait c'est une ombre! Oula mais c'est que le temps file, il faut que j'y aille!".
Après cette honorable esquive, il m'a quand même proposé d'aller prendre une douche.
Je saute sur l'occasion de me retrouver seule, en face à face avec moi-même, prête à me faire sermonner par mon reflet dans le miroir. Je n'avais pas prévu qu'il insisterait pour se glisser, avec moi, dans la (minuscule) cabine de douche. Et là, encore une fois, ça aurait pu être romantique, la mousse parfumée du gel douche, excitant, nos deux corps nus qui se frôlent... Mais je me suis contentée de rester concentrée sur deux choses: faire de la mousse, beaucoup, beaucoup de mousse. Et m'en servir comme maillot de bain, (putain, il va voir mes seins!). Et garder le regard bien haut. Très haut, toujours au dessus de la ceinture (putain, ne baisse pas les yeux, tu n'as pas envie de voir son zizi!) (Oui, mon meilleur ami n'a pas un sexe, un pénis ou une queue. Il a un zizi pour la simple raison qu'il ne peut avoir de vie sexuelle because c'est mon meilleur ami. Ca n'existe pas. C'est pourtant logique, bordel!)
Donc, j'étais effectivement "un peu" paniquée et je suis partie très vite, sans pour autant échapper à un petit bijou sur le pas de la porte. Mais bon, juste des bouts des lèvres, faut pas déconner non plus.
Ca aurait été n'importe quel mec, j'aurais ricané à peine arriver dans la cage d'escalier. J'aurais soufflé que pfff c'est relou, encore un mec qui a l'air de s'accrocher. Et qu'il faut que j'arrête les conneries.
Là, je me suis juste dit qu'il fallait que j'arrête les conneries.
Au réveil, il s'est approché pour m'embrasser.
Et moi, en fait, j'étais plus "ah tient, il y a une bestiole sur ton plafond, non? Ah non en fait c'est une ombre! Oula mais c'est que le temps file, il faut que j'y aille!".
Après cette honorable esquive, il m'a quand même proposé d'aller prendre une douche.
Je saute sur l'occasion de me retrouver seule, en face à face avec moi-même, prête à me faire sermonner par mon reflet dans le miroir. Je n'avais pas prévu qu'il insisterait pour se glisser, avec moi, dans la (minuscule) cabine de douche. Et là, encore une fois, ça aurait pu être romantique, la mousse parfumée du gel douche, excitant, nos deux corps nus qui se frôlent... Mais je me suis contentée de rester concentrée sur deux choses: faire de la mousse, beaucoup, beaucoup de mousse. Et m'en servir comme maillot de bain, (putain, il va voir mes seins!). Et garder le regard bien haut. Très haut, toujours au dessus de la ceinture (putain, ne baisse pas les yeux, tu n'as pas envie de voir son zizi!) (Oui, mon meilleur ami n'a pas un sexe, un pénis ou une queue. Il a un zizi pour la simple raison qu'il ne peut avoir de vie sexuelle because c'est mon meilleur ami. Ca n'existe pas. C'est pourtant logique, bordel!)
Donc, j'étais effectivement "un peu" paniquée et je suis partie très vite, sans pour autant échapper à un petit bijou sur le pas de la porte. Mais bon, juste des bouts des lèvres, faut pas déconner non plus.
Ca aurait été n'importe quel mec, j'aurais ricané à peine arriver dans la cage d'escalier. J'aurais soufflé que pfff c'est relou, encore un mec qui a l'air de s'accrocher. Et qu'il faut que j'arrête les conneries.
Là, je me suis juste dit qu'il fallait que j'arrête les conneries.

